C

ette histoire se déroule dans une France qui, face à un ennemi trop vil, trop puissant, sournois et rapide, a été forcée de s’avouer vaincue. Les allemands sont partout et, appuyés par le régime de Vichy, ils ont un contrôle total sur le territoire français. Mais si l’on peut asservir un pays et le faire plier à son bon vouloir, l’Allemagne apprendra bien vite que malgré toutes ses mesures bannissables, vindicatives, cruelles, inhumaines, il y aura toujours des hommes et des femmes courageuses qui refuseront de plier le genou, et qui croiront à un avenir meilleur.

Évadé d’un camp de concentration, Gerbier n’attend pas une seconde pour se replonger tête baissée dans sa mission de résistance. Ni lui, ni la plupart de ses camarades n’ont d’expérience militaire, mais les boulangers, les postiers, les architectes, les professeurs et les chauffeurs de camions, tous s’uniront pour prendre part au combat pour sauveur leur pays. Unis par le malheur, ils deviendront frères d’arme. Impressions de journaux clandestins, détournements d’armes et de cargaisons précieuses, communications avec Londres, assassinats, opérations d’évasion : ils ne reculeront devant rien pour le combat qu’ils livrent contre un ennemi tout-puissant.

L’Armée des Ombres, c’est l’histoire des habitants d’un pays qui ne se sont pas laissés faire. À travers différents récits qui ravivent les actes héroïques de personnages marquants, Kessel nous raconte l’histoire des hommes et des femmes qui se sont battus jusqu’à la fin au nom de la vie, de la dignité humaine et de la liberté. Jusqu’à leur dernier souffle, ils ne se sont pas reposés, ils n’ont pas renoncé, ils n’ont jamais cessé de croire à leur rêve d’une Europe vierge des armées de la tyrannie, des folies totalitaires et des massacres d’innocents.

C’est un roman qui nous parle d’amour et d’espoir, d’individus au courage si grand qu’ils ont tout risqué : leur sécurité, celle de leurs amis, et de leurs familles. Ces hommes et ces femmes n’ont jamais oublié l’Europe libre, cette nation multiculturelle, les printemps de paix, le goût de la justice et de la liberté.

« La France n’a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n’a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisées sont devenus un devoir envers la patrie. »

En lisant ce texte, je ne pus m’empêcher de tracer un parallèle avec les « Lettres à un ami allemand » d’Albert Camus, publié la même année. Je me permettrai de vous en glisser une citation :

« Car tous ces paysages, ces fleurs et ces labours, la plus vieille des terres, vous démontrent à chaque printemps qu’il est des choses que vous ne pouvez étouffer dans le sang (…) La lutte que nous menons a la certitude de la victoire puisqu’elle a l’obstination des printemps (…) Je vous le dis une fois de plus, parce qu’il faut que je vous le dise, je vous le dis car c’est la vérité et qu’elle vous montrera le chemin que mon pays et moi avons parcouru depuis les temps de notre amitié : il y a désormais en nous une supériorité qui vous tuera. »

 

Éditions Pocket

221 pages

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