La vie la plus douce – Fabrice Gaignault (2022)

La vie la plus douce – Fabrice Gaignault (2022)

Nous sommes en France, dans une famille bourgeoise des années 70. Adrien ne grandit pas dans le plus facile des environnements. Sa vie sera un grand contraste, entre la dureté et la fermeté d’un pensionnat tortionnaire, et la liberté littéralement folle qui règne au foyer familial.

Sa mère commence à perdre la tête quand leur enfant cadet succombe à une maladie. Elle s’enferme dans le chagrin, plonge dans les vices de la drogue et de l’alcool, avale des antidépresseurs à la pelle et s’offre régulièrement des séjours en maison de repos pour millionnaires.

Le père est toujours loin et fuyant, travaillant pour financer le train de vie d’une famille dépensière et flemmarde. Il ne rentre que rarement à Paris. La demeure familiale se transforme peu à peu en salon public, lieu de rencontre pour communistes, chefs de sectes, écrivains ratés, junkies aux grandes idées, ainsi que de centaines d’autres marginaux incompris.

Ce roman raconte le naufrage d’une famille, la descente en spirale de la tenue correcte et de l’éducation vers l’indécence et l’absurde. Mais comment jouir de l’opulence quand on est saisi d’une douleur qu’aucune dépense ne peut combler ? La trame de mène pas à un endroit précis, mais le livre est à la fois drôle et bien écrit, je le recommande donc avec plaisir aux lecteurs qui aiment la folie (« En attendant Bojangles » d'Olivier Bourdeaut ; « Les cerfs-volants » de Romain Gary).

Adrien trouvait une fois de plus un écho parfait à sa théorie, se foutre de tout mais avec grâce et retenue. Lorsqu’un pays devenait un asile d’aliénés, le mieux à faire était de ne pas en rajouter et de conserver une certaine dignité au milieu des décombres. La vie, après tout, n’était que cela, ombre et lumière, vie et mort, objections et abjections.


Éditions Grasset
320 pages