Voile vers Sarance – Guy Gavriel Kay (2019)

Voile vers Sarance – Guy Gavriel Kay (2019)

Dire de quelqu’un que « il fait voile vers Sarance », c’est dire que sa vie s’apprête à basculer ; s’envoler vers la lumière et la fortune ou s’abîmer dans un précipice sans retour. Le triomphe ou le malheur.
Et c’est vers Sarance, joyau du monde et cœur d’un empire, que ses pas mènent le mosaïste Crispin de Varène. L’empereur Valerius a entrepris d’y élever le sanctuaire de la Sainte-Sagesse, le plus somptueux que le monde n’ait jamais connu, à la gloire de son règne autant que du dieu unique, et il lui faut l’artiste qui enrichira de mosaïques sa nef et sa gigantesque coupole.
Le défi serait immense à lui seul, mais le monde n’est pas si simple où Crispin s’aventure : les schismes guettent, le paganisme rampe, la guerre menace, le surnaturel jaillit au détour d’un chemin. Et, comme toujours, le mouvement de l’histoire emporte le destin des « enfants de la terre et du ciel.

Voilà longtemps que je n’avais pas lu Kay, la dernière fois devait être la Tapisserie de Fionnavar quand j’étais jeune adolescent. Dans ce roman qui mêle histoire et fantaisie, Guy Gavriel Kay nous emmène dans un univers inspiré de Byzance, de l’empereur Justinien et de l’impératrice Théodora. Même si les inspirations sont claires et aisément identifiables, il prend toujours le soin de changer quelques détails afin de rendre son monde totalement fictif.

Le héros principal est un mosaïste, disciple de Martinien, l’artisan le plus réputé de l’empire. En pleine ouvrage dans sa ville natale, il est appelé par le chancelier de l’empereur lui-même pour son savoir-faire, pour l’œuvre la plus importante de sa vie.

J’ai trouvé les personnages complexes et bien développés. Une particularité de ce livre est que l’auteur nous donne la plupart du temps un aperçu du point de vue du personnage qui commettra une action. Ce n’est pas juste un voleur sans identité qui vole une bourse, l’auteur prend le temps en quelques paragraphe d’expliquer ce qui se passe dans la tête du voleur, ce qui donne une profondeur supplémentaire au récit.

Par contre, c’est lent. Très lent. Le rythme ne pourrait donc pas convenir à ceux qui ont besoin d’action à intervalles réguliers. Ce n’est pas rare de tomber dans 10-20 pages d’explications sur un élément qui n’influe que vaguement la trame principale, ce qui explique que le livre monte à 500 pages. Je pense qu’il aurait pu être écrit en 350 pages aisément.

Si vous aimez l’histoire et la fantaisie et que la lenteur ne vous effraie pas, je pense que vous passerez un excellent moment ! Je lirai certainement la suite dans le second et dernier volume, mais je ne suis pas trop pressé.


Éditions l’Atalante
525 pages